Inspiré par l’assassinat du richissime banquier français Édouard Stern par sa maîtresse, Régis Jauffret se glisse dans la peau de l’accusée.« Je l'ai rencontré un soir de printemps. Je suis devenue sa maîtresse. Je lui ai offert la combinaison en latex qu'il portait le jour de sa mort. Je lui ai servi de secrétaire sexuelle. Il m'a initiée au maniement des armes. Il m'a fait cadeau d'un revolver. Je lui ai extorqué un million de dollars. Il me l'a repris. Je l'ai abattu d'une balle entre les deux yeux. Il est tombé de la chaise où je l'avais attaché. Il respirait encore. Je l'ai achevé. Je suis allée prendre une douche. J'ai ramassé les douilles. Je les ai mises dans mon sac avec le revolver. J'ai claqué la porte de l'appartement. » Cécile Brossard a reconnu quelques jours plus tard avoir tué son amant, au cours d'un de ces rites sado-masochistes que le couple pratiquait régulièrement.Au terme de son procès, que couvre alors Régis Jauffret pour le Nouvel Observateur, elle sera condamnée à huit ans et demi de prison. Tandis que deux journalistes, racontent les dessous pas très chics dans l’Affaire Stern, un procès sous contrôle, Régis Jauffret en a tiré un roman, où il va au plus loin de ce qu'il appelle « le fond du crime et de la vie ».